Le Mardi Gras
Avant que cette longue période de privations ne commence, la veille du Mercredi des
Cendres, le mardi, on tuait le "Boeuf gras", dernière viande permise avant le jeûne prolongé du Carême. En France et au Québec on l'appelle le Mardi Gras, dans les pays anglophones
"Fat Tuesday", "Shrove Tuesday" ou encore "Mardi Gras day".
Comme on ne consomme pas non plus de gras pendant le Carême, la veille également, le Mardi Gras, les gens
utilisaient ce qui leur restait de graisse et en profitaient pour confectionner des bugnes, beignets et autres fritures.
Comme il est aussi de coutume d'arrêter de manger des oeufs durant le Carême, on a pris l'habitude de
faire des crêpes en cette veille de période de jeûne. C'est pourquoi le Mardi Gras est aussi appelé "Pancake Tuesday". On fait également des crêpes à la mi-carême, temps de
pause.
Les habitants de Olney, en Angleterre, ont une façon plutôt originale de célébrer cette journée. Depuis
plus de 500 ans à chaque Mardi Gras, ils organisent une... course de crêpes ! Tout le monde se rend au centre-ville pour fêter l'évènement. Les participants tiennent chacun une grosse poêle
à frire remplie de crêpes encore chaudes et doivent se rendre en courant à l'église, tout en faisant sauter leurs crêpes dans la poêle au moins trois fois avant d'atteindre l'église
!
Aujourd'hui c'est surtout le Mardi Gras que
l'on fête dans le monde le Carnaval. Il n'a pas lieu tous les ans à la même date, car il est fixé par rapport à la date de Pâques, qui varie en fonction du cycle de la Lune. Ce dernier
mardi avant le début du Carême est un jour de fête très célèbre dans certains pays : les Carnavals les plus renommés ont lieu à Venise en Italie, à Rio au Brésil, à Binche en Belgique, à la
Nouvelle-Orléans en Louisiane (USA), à Nice en France...
Carnaval et Carême
Carnaval s'oppose au Carême : viande contre poisson, gras contre maigre, excès contre privations. Par
opposition au Carême, le Carnaval est une période de réjouissance où l'ordre social est inversé : c'est le monde à l'envers, un monde d'extravagance, de folie.
Au XI ème siècle, un mannequin incarnait le Carnaval, accompagné par les habitants en chantant, puis il
était brûlé. A la tombée de la nuit, on jetait les masques dans les flammes du bûcher du Roi Carnaval, et on faisait une ronde en chantant : " Adieu pauvre Carnaval. Tu t'en vas et moi je
reste pour manger la soupe à l'ail " !
On retrouve dans les manifestations d'aujourd'hui le changement de rôle et la destruction du mannequin représentant Carnaval par le feu.
Chaque année, Sa Majesté Carnaval, mannequin grotesque et extravagant personnifiant le Carnaval, revient entouré de sa troupe, et meurt comme l'an passé, brûlé...
Au fil des siècles, d'autres traditions se sont ajoutées à la fête, faisant de Carnaval une manifestation de plus en plus diversifiée et riche culturellement.
Vous pouvez retrouver toutes l'histoire de Venise sur le site magnifique de Luca et Daniela et également riche en
photos.
Je les remercie pour toutes ces magnifiques.